Le Jeu des Lunes - The Galaxian

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Galaxian, l'Univers de Michel Ettewiller, auteur de Science-Fiction
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Data Song
LE JEU DES LUNES
Livre Premier
En 2016, j'écrivis un poème puis dessinai un tableau que j'intitulai tous les deux Golgotha. Inspirés d'un cauchemar récurrent, ils me donnèrent envie d'écrire une histoire. C'est ainsi que naquit la première version du Cycle des Lunes (alors intitulée le Chant des Lunes (publiée pour la première fois en 2018 chez Amazon).




Un dessin et un poème  - et aussi une chanson - sont à l'origine de mon Cycle des Lunes. Le poème découle du tableau, d'où ce titre commun: Golgotha. La chanson est Full Moon, d'Anne Clark. Mon Cycle doit beaucoup à la musique de ses vers, à leur scansion, à la voix de cette poétesse.











AVERTISSEMENT

Le Jeu des Lunes appartient à un cycle, Data Song. Sa première version, publiée en 2018 chez Amazon, s’intitulait le Chant des Lunes. Un titre qui correspondait parfaitement à son contenu, mais n’était pas idéal en termes de référencement, tant il est répandu dans le Web : recueils de nouvelles ou de poèmes, instituts de thérapie vocale, hôtels, stages de formation au Yoga énergétique et séances de chant prénatal… Bref.
Cette ultime édition s’intitule donc le Jeu des Lunes. Un titre qui présente l’avantage, outre de se distinguer de la pléthore des chants de lunes, de résonner logiquement avec le Livre Second, les Ombres de Sagittarius. Les deux tomes de ce Cycle sont en vente chez BOD.








Full Moon, d'Anne Clark.

«Anne Clark est née le 14 mai 1960 à Croydon (Angleterre). Sa musique, expérimentale, la situe comme l’une des artistes majeures des années 1980». Lire plus : Wikipedia (d’où sont extraites ces quelques lignes).




Au tréfonds de ton sommeil
Au seuil de cette porte
Que tu crains depuis toujours
Mais que tu franchis pourtant
Car tu ne peux résister
À ce chant dans ton esprit
À ces mots qui résonnent
En toi et te convoquent
Comme le chant des Sirènes
Et te mènent vers ta mort.

À la nuit d’où tu surgis
Succède une pénombre
Tout au bout de laquelle
Se dresse sur fond de Lune
Le mont de ton supplice.
Tu ignores quel crime
Il te faut expier ici
Mais la croix qui se dresse
Devant l’astre nocturne
Tu le sais bien est pour toi.

Dans la nuit où tu sombres
Te guettent les sorcières
Une femme crie ton nom
Elle te voit dans son rêve
Et voudrait te retenir.
Mais sur le Mont Golgotha
S’impatientent les Furies.
Tu dois être crucifié
Sous la Lune qui monte
Et rendre l’âme au matin.



Le Jeu des Lunes
QUELQUES EXTRAITS


Chapitre 9 :
Traquenard Avenue
La vengeance de Hanké

«Les Anges envahirent le hall avec une précipitation dont il profita. Sa charge fut meurtrière. La rage d’Ûmanggô flamboyait en lui, libérant une énergie qui décuplait sa puissance musculaire, déjà considérable. Une dizaine de Cavaliers tombèrent sous ses coups. Leur sang, giclant d’atroces taillades, se mêlait à celui des Vorâni, à leurs viscères que le piétinement de la mêlée avait éparpillés sur les dalles, formant une boue rouge dans laquelle ils se convulsaient, en proie aux affres de l’agonie. D’un coup de pied, il projeta contre un mur un colosse qui venait de faire usage de son shotgun sans qu’il ressente le moindre impact.
«D’un regard que dilataient l’horreur et la stupéfaction, l’Archange reculait à mesure que Hanké s’avançait vers lui.
— Dehors, les Anges ! cria-t-il. Ce type n’est pas humain !»


Chapitre 18 :
Opération Rescousse

«Une créature aux allures de libellule venait de se poser au milieu de la mare, sur un affleurement d’écailles, et les observait de son œil unique, ailes éployées comme pour conserver son équilibre ou, peut-être, pouvoir s’envoler plus vite s’ils se montraient menaçants. D’une envergure égale à deux mains d’homme, ses ailes translucides s’irisaient, créaient à chacun de leurs battements une palpitation de lumière, un chatoiement qui rappelait à Valentin la féerie accompagnant le passage d’un vaisseau à travers un champ de confinement atmosphérique.
— Une mâtikita, murmura Valentin. Un esprit-lumière.»


Chapitre 20 :
Mon Chant te guidera
Où Valentin Yû a besoin d'aide

«Quelque chose en lui s’étonnait de ce que son environnement ne fût qu’obscurité et qu’il pût y marcher sans heurter jamais le moindre obstacle. Et puis, que signifiait cette vision d’une forêt qui lui apparaissait par flashes aléatoires, trop brefs pour qu’il pût être certain de sa réalité ? Il entrevoyait des arbres géants et des flaques d’eau rouge, des abysses d’ombre, des entrelacs de lianes et des tunnels traversant de prodigieux chaos de racines. Et puis des fûts écailleux, d’aspect ophidien… Mais la ténèbre du Chant l’emportait chaque fois sur cette vision vacillante. Le chuchotement reprenait, lancinant, dont chaque mot ranimait, exacerbait son désir. Ses fantasmes les plus impérieux se jouaient dans sa nuit intérieure, en un théâtre où un autre lui-même expérimentait les mille et une inventions de sa libido hypertrophiée. De robustes commères l’écartelaient sur des couches moelleuses comme de la chair femelle, le manipulaient, efficaces, déterminées, lui prodiguant d’humiliantes attentions, lui susurrant des promesses de plaisirs interdits. Des matrones ventrues, leurs seins boursouflés suintant d’un lait visqueux, lui donnaient la tétée en se gaussant de lui, lui crachaient au visage et dans la bouche leur écume de ménades furieuses, l’embrassaient jusqu’à ce qu’il suffoque, éructant des injures fantastiquement vulgaires. Elles l’entouraient, dandinant au-dessus de lui leurs croupes colossales, discutant d’un ton étrangement raisonnable de techniciennes des tourments qu’elles voulaient lui infliger quand il aurait fini d’avaler leurs fluides. À  ses grossières et brutales mégères succédaient de graciles beautés, des houris miraculeusement belles. Ce serait elles, il le savait, qui l’amèneraient à l’anéantissement final…»


Chapitre 30 :
En Sa Chair
Où Valentin Yû meurt puis renaît
Et connaît d’étranges voluptés

Fâté’mâra glissa les bras sous son corps engourdi et le souleva, l’amena sous la masse de ses mamelles ; elles pesaient sur sa poitrine et sur son ventre, le submergeaient, exacerbaient un désir plus fort que l’engourdissement de sa chair. L’énorme femme le portait comme on porte un enfant. Elle l’emmenait vers une phosphorescence qui scintillait dans la pénombre, une vapeur montant de l’or sombre du Mûr’hûsûl.
— Notre Mère, Notre Âme, psalmodia Fâté’mâra en s’enfonçant dans ce halo.
Des corps de femmes flottaient à la surface du Mûr’ hûsûl, s’animant, le temps d’un lent mouvement de nage. Une nage inconsciente, subodorait Valentin. Un réflexe.
Fâté’mâra progressait dans le Mûr’hûsûl ; il clapotait crescendo à mesure que ses puissantes enjambées l’éloignaient du rivage. Son niveau, bientôt, atteignit la nuque du jeune homme. Il parvint à redresser la tête tandis que son corps disparaissait peu à peu dans la vase d’or. Il comprit qu’elle allait vraiment le noyer, qu’il allait mourir sur ce monde barbare, mourir sans même pouvoir hurler sa révolte, sans même pouvoir se débattre dans ce corps que quelque drogue lui avait confisqué.
— Ta mort sera douce, petit Humain. Puis tu renaîtras.
Elle le lâcha.
— Les corps ne sombrent pas, dans cette vase…
Elle pesa de ses paumes sur sa poitrine et l’enfourcha, le maintint à moins d’un mètre sous la surface. C’est ainsi qu’il mourut, emprisonné entre les cuisses colossales d’une femme-montagne.





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